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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Afrique du Sud branchée

Publié par Anne-Laure L. sur 5 Août 2009, 13:15pm

Catégories : #musiques des mondes

 Vous connaissez Mujava ? Le désormais cultissime dj de Pretoria cache un courant électro sud-af qui devrait envahir les dancefloors de la planète. Embarquement immédiat.

 

 


 


Depuis quelques mois, une bombe a débarqué direct from Pretoria pour submerger les dancefloors internationaux de ses beats old-school, de sa ritournelle ravageuse, qui rappellent avec force les fleurons électro-dance des années 1990, tels LFO. Ses loops tournent sans relâche sur les platines des meilleurs djs, son nom s’échange dans la hype avide de sensations inédites : DJ Mujava, de son vrai nom Elvis Maswanganyi, et son manifeste chaud-bouillant, Township funk, assurent le raz-de-marée ! Produit à l’origine par Sheer Music (Johannesburg), l’un des labels sud-africains les plus influents en matière de house, dance, techno (leur catalogue propose une multitude de djs), Mujava, 23 ans et pionnier du style dès son plus jeune âge, a hanté les taxis sud-africains (excellent moyen de communication) avant de se faire repérer par le prestigieux label anglo-saxon Warp. « C’est le premier dj africain que nous produisons, mais nous allons continuer à collaborer avec Sheer, et à travailler en Afrique du Sud, terreau fertile pour ces sons hors des sentiers battus qui constituent notre  marque de fabrique», note ainsi le manager Phil Canning.


Partie émergée, le phénomène Mujava laisse en effet sourdre le bruit d’une scène prolixe (labels, artistes) décelable, entre autres, dans la galaxie Myspace. Comme partout sur la planète, le courant électro embrase l’Afrique du Sud dès les années 1990 avec l’apparition des free-partys. La machine dévoile ses multiples arborescences : drum’n’bass, électro minimaliste, techno, dubstep, jungle…Une oreille collée sur les productions occidentales style Ninja Tune, l’autre sur la fureur locale du kwaito, les djs sud-af teintent leurs bidouillages hybrides de ragga, dance-hall, hip-hop, et pour certains de musique traditionnelle (Kalahari Surfers).  
En 2000, le pertinent label African Dope (Cape Town) sort ainsi son premier opus électro, une galette de Krushed & Sorted :
Acid Make Me Do It. Depuis, cette structure éthique et sans compromis œuvre pour la défense du style, procure aux gamins des ghettos le matériel informatique nécessaire au bricolage de leurs propres beats, et aide à la création de petits labels. A son actif : quelques succès d’envergure parmi lesquels Félix Laband (mélange de musique africaine, jazz, cinéma et cinématique), signé chez l’allemand Compost, ou encore Markus Wormstorm, aka SweatX, un allumé déjanté, source de déhanchés fiévreux. Citons encore (mais pas enfin) l’excellentissime musicien, dj, turntablist, arrangeur et producteur Sibot (aka DJ Fuck), impliqué dans de nombreux projets tels Playdoe (en duo avec MC Spoek) ou Fuck’n’rad. Que le public français se rassure : le label lyonnais Jarring Effects, jumelé avec African Dope, a publié l’an passé dans le coffret Cape Town Beats deux opus-brûlots de l’artiste. 
Une scène à surveiller de très très près donc : si Mujava constitue l’étincelle, l’explosion reste à suivre. Assurément, le son de demain sera… sud-africain !


Anne-Laure Lemancel, pour Mondomix

www.sheermusic.co.za

www.africandope.co.za

www.myspace.com/africandope

 

                                                                                                                     

                                                                                                                                                                       

 

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