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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Emilie Simon:New York, New York!

Publié par Anne-Laure L. sur 9 Octobre 2009, 13:48pm

Catégories : #chanson française

 Trois ans après Végétal, la jeune fée de l’électro hexagonale arpente aujourd’hui, avec The Big Machine, les méandres d’une jungle urbaine, celle de New York, où elle réside depuis deux ans, et qui a profondément inspiré ce dernier album. Récit d’un parcours initiatique au cœur de la Grosse Pomme.

 

http://culturopoing.com/img/image/cyril/emilie-simon-the-big-machine.jpgPourquoi avez-vous décidé d’emménager à New York il y a deux ans ?
Je n’ai pas vraiment décidé. En vacances à Montréal, je suis allée faire un tour à NY, que je connaissais déjà. J’ai pris un petit appartement en plein cœur de Chinatown. Là, je suis tombée amoureuse de la ville. J’ai voulu y rester plus longtemps, encore plus …jusqu’à y emménager ! Je ne sais pas exactement ce qui m’a séduite. Quelque chose dans l’air… beaucoup d’électricité ! On sent que des tas de gens y viennent avec les meilleures intentions du monde pour donner vie à des projets qui leur tiennent à cœur, et se tirent mutuellement vers le haut. L’énergie d’avancer prend ici une forme et une force différente. Malgré la crise, NY reste la ville de tous les possibles. C’est stimulant ! La Grosse Pomme m’a apporté une énergie primale, des éléments qui viennent de l’estomac plus que de la tête, et une envie d’avancer, un besoin de s’exprimer…


Vous y êtes arrivée (presque) les mains vides…Une envie de repartir à zéro artistiquement?
Je suis partie avec une seule valise. Je n’ai pas pu emmener tout mon studio ! En fait, j’avais juste mon ordinateur et un petit enregistreur numérique ; j’ai composé comme ça, au fur et à mesure, avec mes simples besoins. J’avais décidé de retourner aux racines, de voir ce qui me manquait quand j’ôtais tout repère, sur quoi je me reconstruisais, sur quelles bases j’existais vraiment. Parfois, on ne distingue plus le superflu de l’essentiel, tant qu’on n’a pas été confronté à cette expérience de vie.


Votre façon de composer a donc radicalement changé ?
J’ai procédé à l’inverse de mes habitudes, en reléguant un peu la composition par ordinateur. J’ai adopté une façon plus traditionnelle de travailler. J’ai d’abord écrit les morceaux piano-voix. Puis j’ai laissé évoluer les mélodies et les arrangements dans ma tête, sans me précipiter sur l’ordi pour trouver des sons, des hauteurs, des tempos…J’ai donc passé beaucoup de temps à construire les fondations, l’ossature des morceaux, jusqu’à leur structure définitive, retournée dans tous les sens pour éprouver leur solidité. Ensuite seulement, je suis passée au stade de la réalisation, où j’ai commencé à programmer et à choisir les textures, mais plus comme des touches de couleur autour d’une colonne vertébrale, un peu comme des feux d’artifice sur une base noire et blanche. Je pourrais dresser l’analogie avec la ville : NY possède cette base noire et blanche, ce côté costaud, roots, gangster, et là-dessus, chacun greffe, dans un mélange de culture, sa touche personnelle : instruments, accent, couleurs, odeurs…


Pourquoi avez-vous choisi de chanter en Anglais ? Que racontez-vous dans cet album ? Je n’ai pas choisi. Les mots sont venus spontanément avec les mélodies. Quand le français survenait je le gardais aussi. Je travaille de façon très instinctive, laisse surgir le son d’une expérience de vie. J’aurais du mal à dire ce que je raconte : il y a beaucoup de symboliques, un magma de sentiments, mais rarement de vraies histoires. La plupart des phrases viennent du ventre.

 

 

 


Vous avez fait des résidences à NY qui ont très bien fonctionné….
Dans le processus d’élaboration des morceaux, j’ai décidé de les jouer dès qu’ils étaient présentables, pour leur donner l’occasion d’évoluer sur scène. J’ai donc fait des résidences en solo dans une toute petite salle de Manhattan, avec mon ordi, mon piano, un Thénorion, quelques traitements et mon bras 3G. Comme c’était un laboratoire, ces scènes n’étaient, au début, pas du tout faites pour attirer du monde. Je n’ai donc pas trop communiqué. Mais après, il y eu la presse et notamment le New Yorker qui a conseillé au public de venir. Ca a créé un effet boule de neige, et à la fin, c’était bondé ! Les gens n’arrivaient pas tous à rentrer ! Une expérience géniale !


L’album The Big machine constitue-t-il un tournant dans votre vie ?
Bien sûr ! Il correspond à une époque charnière, hyper intense pour moi, durant laquelle j’ai beaucoup grandi. Et comme je m’exprime en écrivant tous les jours, je suppose que les changements profonds de mon existence se répercutent de façon très naturelle sur ma musique…
Anne-Laure Lemancel


Emilie Simon The Big Machine
The Big Machine
délivre l’énergie primale et fragile d’Emilie Simon, héroïne électrique, débarquée à NY. Visite guidée au prisme de son art.

C’est à coups de poing et de beats binaires débridés, animée d’une énergie primale bien groovy que la gracile frenchie, Emilie Simon, parcourt la Grosse Pomme. Ou bien serait-ce la ville qui aurait établi en elle ses quartiers pour lentement insinuer dans ses veines le feu, la furie, la fièvre ? Comme le suggère son titre, The Big Machine possède les rouages, les pistons et les embouteillages d’un monde industriel, ressors dramatiques, turbines bouillonnantes. Le froid du métal, le choc du béton : et pourtant…Dans cette jungle urbaine, Emilie Simon se balade à cœur et corps ouverts, poésie en bandoulière, pieuvre tentaculaire au regard halluciné qui glane des mélodies chinoises (Chinatown), joue les félines à Broadway (Rocket to The Moon), pactise avec le diable (The Devil at my door), en déployant les mélismes de son chant fragile. A la suivre dans son exploration new-yorkaise, les oreilles ne sauraient pourtant s’ennuyer : autour d’un tronc, armature solide comme un rock, une symphonie bruitiste tournoie, des cuivres s’élancent en contrepoint, feu d’artifice sonore. Car il y a Emilie, puis tous ses amis, rencontrés en chemin, signes du destin qui parent ses textes oniriques de mille couleurs. Dans ce carnet de bord original, cousu d’une riche étoffe sonore, perlée et rutilante, l’auditeur-visiteur se perd, se déphase, mais goûte l’aventure sinueuse. Si certains tics parfois agacent, Emilie Simon y développe plus encore sa signature : une écriture singulière, attachante et polymorphe. The Big Machine, un album à croquer.
All

 

Pour RFI Musique, le 9 octobre 2009

 

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