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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Les Petites Toiles de l'Eté

Publié par Anne-Laure L. sur 20 Août 2003, 19:04pm

Catégories : #cinéma

Deux exemples d'animation pédagogique destinés aux jeunes.

 

http://www.annuaire-enfants-kibodio.com/images/cinema.jpgC'est dans le cadre de l'association AMIS (Atelier mémoire image et son), petite structure fondée il y a trois ans, que Nicolas Spengler, scénariste et ancien professeur dans une école de cinéma, anime le tournage d'Un monde pour enfants : une série de onze courts métrages réalisés au lycée Gustave-Eiffel de Massy qui mettent en scène des enfants de centres de loisirs de dix villes de l'Essonne (Angervilliers, Chilly-Mazarin, Dourdan, Evry...). Située dans les années 1960, l'action aborde des thèmes aussi divers que la guerre d'Algérie, les blousons noirs, l'immigration, ou l'émancipation des femmes. Les enfants jouent des rôles d'adultes, dans un décor construit à leur échelle par des lycéens d'établissement professionnel ; les scénarios sont rédigés par des adolescents.

 

Vécu des parents. L'association, animée par Ann Le Monnier (réalisateur) et Tessa Racine (photographe), se fixe pour objectif de sensibiliser les plus jeunes aux techniques de l'image et du cinéma. Le projet a aussi une vocation sociale, amenant les enfants à s'interroger sur le vécu de leurs parents et grands-parents durant les années 60. C'est ainsi que trois jeunes scénaristes (dont deux Algériens), Nacer, Ahmed et Ismaël, ont pris le parti de raconter leur histoire du point de vue des rapatriés français, se mettant à la place d'autres victimes. Le point de vue historique force par ailleurs les enfants à un devoir de mémoire et à un effort d'adaptation, source d'enrichissement par rapport à «leurs problèmes quotidiens», selon le scénariste Nicolas Spengler.

 

D'autres sujets, plus légers, suscitent des situations cocasses, inspirées des «légendes familiales». C'est ainsi qu'une grand-mère rapatriée d'Algérie, déphasée par le progrès, prend le «Frigidaire» pour une armoire à linge, le lave-linge pour un berceau et sert, dans l'hilarité générale, un café à la speakerine de l'ORTF. Le choix des années 1960 n'est pas anodin : «Elles représentent l'adolescence de notre monde actuel et permettent encore, avant le clash de 1968, de poser un regard naïf sur cette époque.»

 

L'essentiel de ce projet est financé par le conseil général de l'Essonne et le conseil régional d'Ile-de-France.

Ecran géant. «J'arrive, il faut que je prépare le thé», lance Jean-Claude Bourbeau en disparaissant dans le petit local du Cin'été 2003 au Val-de-Reuil (Eure). Il en ressort, thermos à la main, pour faire le service. Tout le monde l'appelle Jean-Claude... Tout le monde lui sert la main. Pour la deuxième année consécutive, ce comédien organise le Cin'été sur la place de la mairie, au Val-de-Reuil. Inspiré du modèle du Parc de La Villette à Paris, il s'agit de gonfler un écran géant («une super grosse télé» pour les esprits chagrins) au milieu de cette ville nouvelle. Près de 300 personnes étaient présentes vendredi pour la dernière, avec une petite animation dansée puis la projection de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

 

«On a pris le parti de projeter des films populaires mais de qualité, pas des films uniquement à vocation commerciale», explique Jean-Claude Bourbeau. La programmation est en effet éclectique : Guédiguian (Marius et Jeannette) y croise aussi bien les frères Farrelly (Fou d'Irène) que Chaplin (le Dictateur) ou Huston (Casino Royale). Franc succès pour Spiderman avec plus de 900 spectateurs.

 

Nabil, agent de médiation à la mairie et accueil sur le Cin'été, a préféré Spiderman. «Les mômes étaient scotchés. C'est plus pratique pour apprécier le film que quand ils cavalent en criant dans tous les sens», explique-t-il dans un sourire. «Ce dont on a besoin pour un festival comme celui-ci, c'est d'une assise populaire, d'une visibilité. Plus les gens viennent, plus on peut développer le projet, explique Jean-Claude Bourbeau. Val-de-Reuil est une jeune ville populaire, fondée il y a vingt-huit ans, qui n'a pas d'argent, on aurait du mal à faire plus. Si on peut faire venir des gens qui ne vont jamais au cinéma, c'est déjà très bien.»

 

«Ici l'été, c'est mort, lance Julien, 16 ans, je préfère venir voir un film plutôt que de regarder Koh-Lanta.» Confirmation du côté de Leila, même âge : «la mer est à 100 km, le cinéma gratuit est juste là, en bas de chez moi. Pour l'été, c'est moins cool, mais ça compense».

 

Anne-Laure Lemancel & Nicolas Barret pour Libération le 20 août 2003


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