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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Mai Lan : la pop stylée

Publié par Anne-Laure L. sur 14 Septembre 2012, 18:55pm

Catégories : #rock

Fille du graphiste Kiki Picasso et sœur du cinéaste Kim Chapiron, la styliste Mai Lan débarque en musique avec un tout premier album : un disque pop, frais, personnel, qui ensoleille et balaye les clichés. Portrait d’une jeune femme épanouie, bien dans le tempo.

 

http://www.lemouv.fr/sites/default/files/2012/07/12/28112/MaiLan.jpg?1342095048

D’interminables cheveux noirs lui coulent le long des joues, en échos à ses grands yeux en amande : dans sa cour ensoleillée d’une fin de mois d’août, où tintinnabulent des carillons éoliens, Mai Lan rappelle Mulan, ou Pocahontas… Une évocation enfantine, un souvenir qui passe, fugace, renforcé par sa robe courte, colorée, aux accents ethniques, confectionnée par ses soins. Mai Lan, fille du graphiste Kiki Picasso, sœur du cinéaste Kim Chapiron, coud d’abord des étoffes avant de tisser ses chanson : une activité professionnelle qu’elle développe avec une amie d’enfance. A la tête de la marque +BEZEMYMAILAN+, toutes deux fabriquent des vêtements vifs, graphiques, joyeux. Et puis, un jour, déclic. Envie pour Mai Lan de se frotter à ces sons qui coulent dans ses veines. Envie de donner corps pour de bon à des expériences fondatrices, comme lorsqu’elle chantait Gentiment, je t’immole dans le film de son frère, Sheitan. Mai Lan, un beau jour, se prétend chanteuse, et tant pis pour le saut dans le vide que cela lui coûte : le cap lui importe trop. Alors, au lieu de traîner dans les bars « à boire des coups et fumer des clopes », Mai Lan s’enferme chez elle avec son meilleur pote (depuis le CP !) Max Labarthe, ingénieur du son, pour bidouiller, composer, laisser sortir sa voix, ses chœurs, son cœur… Un atelier de recherche, une recherche personnelle pour voir le plaisir et le jeu affleurer, sans règles préétablies mais avec une quête d’absolu. Et puis, du stylisme à la musique, se dessine un pas qu’au départ, elle ne percevait pas : « En fait, les deux relèvent du même processus. Pour nos vêtements, on s’inspire de minorités ethniques du monde entier, de la mode des années 30, d’un peu tout, en fait, sans complexe, sans peur de la surcharge. Pour la musique, j’ai procédé pareil : une sorte de mix de références, ingurgitées et exprimées de façon nouvelle ». Schuman, Sade, Pharoah Sanders, Lauryn Hill, Phil Glass, De La Soul, Tim Burton, Boris Vian… la liste d’influences de la jeune femme pourrait s’étirer à l’infini, mais là n’est pas l’essentiel. Mai Lan ne calcule pas, elle joue, loin des styles prédéfinis et des étiquettes, en tout naturel. Et c’est peut-être pour cela que la musique lui sourit : parce qu’elle l’aborde sans prise de tête.

 

 

Côté corps, côte cœur

De son premier album, quasi entièrement dans la langue de Shakespeare, surgissent alors onze titres optimistes, joyeux, onze pépites pop-hip-hop déjantées, onze bulles éthérées et rigolotes, serties d’histoires bizarres (une chasse au dahut, des huîtres en révolte, une sorcière…), teintées d’un surréalisme poétique qui ne cesse de faire des pied-de-nez à la réalité. Il y a enfin ces jeux vocaux, ces entrelacs de sonorités drôles et tendres que lui permet l’Anglais, quand le Français, langue maternelle,  l’effraye un peu par le poids de ses mots, leur surcharge émotive…

Et puis, finalement si : Mai Lan voit une différence avec son activité de styliste : « Les fringues, c’était le côté purement physique, quasi animal, pour orner le corps. On s’est mises à en fabriquer avec une copine au lycée, pour être les plus belles au café. Un délire. Ma musique, c’est le cœur. Ce qui explique que j’avais hyper peur de présenter mes titres, même si je les adore. C’était une mise à nu : une porte fermée ou une simple critique, m’aurait anéantie ! » Heureusement, une bonne étoile, là haut, veille sur ses chansons. Sur scène, elle les défend avec son acolyte Max et Rémi Alexandre, un musicien de Syd Matters. A l’image de ses créations, Mai Lan, rayonnante, paraît heureuse.

 

Anne-Laure Lemancel, pour RFI Musique 

 

 

 

 

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