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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Rio Loco : Cap sur la Lusophonie !

Publié par Anne-Laure L. sur 12 Juin 2012, 16:58pm

Catégories : #musiques des mondes

Après les Balkans (2008), le Maghreb (2009), l’Afrique du Sud (2010), et un grand mix mondial l’an passé, le festival de musiques Rio Loco met les voiles cette année, du 13 au 17 juin, sur la Lusophonie, cette réunion de pays de langue portugaise (Portugal, Brésil, Cap-Vert, Angola…) Avec des artistes stars (Mariza, Lenine, un hommage à Cesaria Evora…), des découvertes, et une jeune garde à l’unisson de l’évolution de ces pays, se fera jour en musique, toute une histoire, tissée de mémoires communes et de rêves partagés : une poly(luso)phonie vibrante, en plein cœur de la Ville Rose.

http://www.spectacles.carrefour.fr/image_actualites//rio_loco_2012.jpg

Un fleuve. Des saules pleureurs. Un poumon vert qui respire en plein cœur de la Ville Rose… Sur la Prairie des Filtres, paradis des flâneurs, à l’origine piste d’atterrissage pour les avions, puis fief d’entraînement du Stade Toulousain, le festival de musique Rio Loco établit ses quartiers depuis 18 ans. Sa formule initiale ? Mêler aux eaux de la Garonne les bruissements, les rythmes et les notes d’un autre fleuve du monde. Au fil des ans, ce prétexte métaphorique s’est élargi à l’exploration d’un pays, d ‘une Région du globe, pour un véritable bain de culture, une immersion sensitive, et des tas de voyages : le Sénégal (2006), l’Espagne (2007), les Balkans (2008), le Maghreb (2009), l’Afrique du Sud (2010)… Autant de vibrations en grand angle, sous les couleurs musicales d’autres mondes !


Lusofonia : le grand métissage

Après un grand mix planétaire en 2011, qui a séduit sur cinq jours près de 115 000 festivaliers, Rio Loco explose à nouveau les frontières en 2012 pour partir à la découverte d’un territoire symbolique, sur quatre continents, cimenté autour de la langue portugaise : la Lusophonie. Du Portugal à l’Angola, du Cap-Vert à la petite enclave asiatique du Timor Orientale, du Mozambique au Brésil, de l’archipel volcanique de São Tomé et Príncipe à la Guinée Bissau, Rio Loco navigue cette année de rives en rives, par-delà les océans, pour donner corps à tous ces mélanges, ces métissages, cette « créolité », tissées par l’Histoire, au gré des grandes explorations du XVe siècle, des affres douloureuses de l’esclavage, celles de la colonisation, jusqu’aux migrations actuelles de population, dans un contexte mondialisé… Se dessine alors le visage d’un « jardin planétaire », selon les mots du directeur de Rio Loco Hervé Bordier, une jungle frémissant de multiples échos. Car comme l’explique le maître de cérémonie : « A la différence de la "Francophonie", qui défend une grande idée de la Langue Française, la Lusophonie a su s’imprégner des autres langues, des dialectes, que ce soit au Brésil ou dans les pays africains. Les musiques incarnent un phénomène similaire : on assiste à un croisement tous azimuts d’instruments, de rythmes, de notes, qui engendre une diversité incroyable ». Si, dans ce grand chaudron lusophone, la gastronomie, le folklore, le patrimoine ou l’architecture dialoguent, affirmant, selon les pays, leurs similitudes et leurs différences, la musique, art de l’oralité par excellence, bagage et poésie des plus déshérités, constitue le témoin le plus évident de ces croisements. La Samba brésilienne tire ainsi ses origines du semba angolais ; les mornas cap-verdiennes se rapprochent du landu brésilien ; le kuduro angolais (musique électro des ghettos) affirme des liens de parenté avec le baile funk carioca, quand le fado dialogue avec la bossa nova... Autant de points de jonction, confortés par les artistes lusophones, qui n’hésitent pas à croiser leur art sur les scènes du monde.  « Sois pluriel, comme l’univers », disait le poète portugais Fernando Pessoa. Voici alors ce que fera entendre Rio Loco 2012 : la pluralité de ces chants, le maillage d’histoires multiples, contées à l’aune d’une Histoire Commune.

 

http://www.rio-loco.org/mariza_home_page.jpg


Cœur de fête : le chant de quatre continents

Pour ce faire, la Prairie des Filtres accueille des contes, du cinéma, des plasticiens, mais surtout des musiciens, nos passeurs, avec près de 20 concerts sur cinq soirées. L’aventure commence par la Terre-Mère, le Portugal, avec la diva Mariza, l’une des grandes prêtresses contemporaines de sa bande-son, son blues national : le fado, à la fois chronique sociale, témoin de l’histoire du Portugal, et art lyrique du destin. Sous d’autres latitudes, Rio Loco saluera aussi la mémoire d’une légende, celle de Cesaria Evora, diva aux pieds nus disparue le 17 décembre 2011, star interplanétaire et femme toute simple de l’île de Mindelo, au Cap-Vert, son archipel, qu’elle n’a jamais quitté. Sur la Prairie des Filtres, un hommage festif lui sera rendu, dirigé par le jeune prodige cap-verdien, Khaly, et interprété par ses compatriotes Teofilo Chantre, Maria Alice, Nancy Vieira et Tito Paris. Dans l’air toulousain, résonnera la force douce de ses mornas, de ses coladeras… Saudade, saudade… Direction l’Afrique, à présent ! En provenance d’Angola, l’idole Paulo Flores la « Voix des sans-voix » déliera les hanches avec son suave kizomba, un cocktail de zouk caribéen et de semba : une musique festive qui n’en retrace pas moins l’histoire de son pays, et les cruautés de son interminable guerre civile (1975-2002). Plus loin, ça groovera sévère avec trois orchestres, aux apparitions françaises sporadiques, hérités des années 1970 et 1980 : Conjunto Angola 70, Ghorwane (Mozambique) et Super Mama Djambo (Guinée Bissau)… Côté Brésil, la Région du Nordeste sera mise en l’honneur sous deux facettes et deux générations. Pour présenter son nouveau disque, Chão, le génial trublion iconoclaste Lenine fera retentir son rock révolutionnaire, quand le rappeur Ze Brown, héraut des ghettos de Recife, propagera son flow et son jeu de pandeiro, directement inspirés des « repentistas », sortes de troubadours ruraux, poètes de l’oralité. 100% explosif et inventif, le son lusophone s’électrisera aussi sous les assauts du kuduro de Batida, croisera le reggae avec le groupe Bamba Dois, et n’hésitera pas à épouser les tensions de la « blue note », sous les doigts virtuoses de maestros des cordes (Antonio Chainho, Jacques Morelenbaum, Hamilton de Holanda, Norberto Lobo…) et les étoiles infinies de la scène jazz. Enfin, le public retrouvera des créations inédites, comme celle dirigée par le violoncelliste français Vincent Segal, qui unira choro brésilien et musette hexagonale, avec notamment la chanteuse Juliette.

http://www.utram.com/sites/default/files/styles/bigimage/public/rio-loco-2011cpatrice_nin__v2.jpg

 

Depuis quelques mois, Toulouse vibre au rythme et à l’heure lusophone, avec une sensibilisation des scolaires, une participation des médiathèques, des lieux culturels… A l’heure actuelle, le Festival conserve encore toutes les surprises qu’il réserve, son alchimie, les rencontres, les dialogues et les histoires qui ne manqueront pas de se faire jour durant ce(s) voyage(s)…  Le compte à rebours est lancé… Prêt ? Accostez !

 

Anne-Laure Lemancel

 

Rio Loco, du 13 au 17 juin 2012, à la Prairie des Filtres de Toulouse

www.rio-loco.org

Pass 1 jour : 5 euros

Pass 5 jours : 20 euros

 

 

 

 


 

 

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