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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Rodrigo Y Gabriela: à cordes ouvertes

Publié par Anne-Laure L. sur 10 Septembre 2009, 18:01pm

Catégories : #musiques des mondes


Trois ans après le succès de leur album éponyme, Rodrigo y Gabriela, duo acoustico-déjanté de guitaristes mexicains, reviennent avec
11 :11, collier d’hommages à leurs musiciens-phares. Quand flamenco, latin et gros rock frémissent sur des cordes torrides…


Les prémisses d’une bataille d’Hernani agitèrent, le 15 juillet dernier, les rangs des journalistes présents sur le festival des Suds, à Arles. Les pro-Rodrigo y Gabriela assénaient aux antis des arguments imparables, que leurs détracteurs, habiles, esquivaient à la pointe de leurs mots. Les premiers parlèrent virtuosité, swing, audace…Les seconds tancèrent un show dépourvu de risques, prestation millimétrée, exercice de style. Une certitude réconcilia les fratries ennemies : l’incontestable efficacité du duo, cordes acérées au trash, ivres de chaloupes latines, abreuvées d’incantations jazzistiques. Face à un Théâtre Antique comble, les deux acoustic guitar-héros investirent l’espace, au fil d’une performance conquérante et sans fausse note. Serrée au corps boisé, femme-instrument, prêtresse du rythme, la silhouette gracile de Gab délivrait un groove, roc flamenco solide, sur lequel s’envolaient les palabres volubiles de Rod. Une parfaite osmose entre ses deux amis et collègues de gratte depuis 15 ans, qui explique l’énorme succès rencontré par leur album éponyme en 2006.


Hommages

Tout juste revenus des Eurockéennes de Belfort, Rod y Gab testaient sur les planches, ce soir-là, leur nouvel opus, 11 :11, recueil d’hommages aux musiciens aimés, digressions stylistiques sur des artistes écoutés en boucle depuis 3-4 ans de tournées, de ceux qui « te donnent la force de faire de la musique, affectent ton quotidien et ta vie» (Gabriela). Parmi eux, les éternels : Paco de Lucia, Michel Camilo, Astor Piazzola pour l’héritage latin ; Pink Floyd, Santana et Hendrix pour le panthéon rock ; Al Di Meola et John McLaughlin pour le firmament jazz…Puis les découvertes, trouvaille, cadeau, comme le Trio palestinien Joubran, évoqué les yeux brillants. Les exceptions, enfin, que constituent ces musiciens dont la disparition récente force le tribut : le Mexicain Jorge Reyes, magicien des sons précolombiens, mort d’une crise cardiaque en 2009, et le guitariste du groupe de métal Pantera Dimebag Darrell, assassiné sur scène en 2004. « Nous étions hyper fans de lui », raconte Gab. « Nous avons demandé à Alex Skolnick; l’un de nos autres guitar-heros, d’assurer les solos. » Ipods vissés aux oreilles, drogués au son, à l’afflux de ces milliers de titres, Rod y Gab, troubadours des temps modernes, s’échangent sur la route leurs amours musicaux. Puis Rod prend la guitare, lance un air. Gab le suit, rythmique. Toujours.


Jeu de chiffres

De cette méthode spontanée et organique, « pas du tout japonaise » selon Gab, résulte donc ce court opus de 11 titres. 11 :11, en référence au nombre de joueurs d’une équipe de foot. Et pas plus de 45 minutes, soit la durée d’une mi-temps, capacité maximale de concentration de Rod. 11 :11, également, comme l’heure fatidique subie par sa famille, chaque fois qu’elle tourne la tête vers une horloge – un jeu avec ce tic (tac) universel. « Nous n’avons jamais étudié la musique, nous nous contentons de l’aimer», explique Gab. « Nous jouons ce qu’il y a à l’intérieur de nous. Voici ce qui explique notre parfum particulier, pour interpréter des styles différents. Dans l’esprit, nous sommes pourtant plus proches d’un groupe de rock ». Un rock aux effluves flamenco, latines et jazz, concocté dans l’admiration et l’humilité des grands, avec ce credo enfantin, mais au pouvoir évocateur : « La musique sauve le monde. Elle nous empêche de devenir super-fous…»


Anne-Laure Lemancel(Pour Mondomix, sept-oct 2009)

 



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