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Le blog de Anne-Laure L.

Le blog de Anne-Laure L.

Ce blog est un récapitulatif non exhaustif de mes articles en tant que journaliste sur des sujets aussi variés que la musique, la société, l'actu... Bonne lecture!


Zap Mama, connectée au monde

Publié par Anne-Laure L. sur 3 Mai 2010, 13:47pm

Catégories : #soul-funk-hip-hop

 Avec ReCreation, Marie Daulne, leader de Zap Mama, continue son échappée belle en solo sur les routes soul, funk, hip hop... Un itinéraire qui s’illumine de rencontres, d’amitiés, comme dans les duos avec l’acteur Vincent Cassel. Eclectique, bouillonnant, ouvert, ce disque de re- et ré-création livre un flot continu de bonnes vibes.

 

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 ReCreation, le titre de votre album, possède deux sens : la « re-création » – créer de nouveau –, et la récréation – pause, souffle. En quoi ces deux entités se rapportent-elles à votre création? // Marie Daulne : En Français ou en Anglais, le terme comporte deux sens. Une façon de souffler, de se régénérer pour créer à nouveau. Débarrassée des labels, j’ai suivi ma propre temporalité. Je suis partie en vacances à Rio, et l’inspiration s’est imposée, pour engendrer cette œuvre de jouissance. Je me suis éloignée des systèmes avec lesquels j’avais coutume de fonctionner en Belgique ou à NY. Livrée à moi-même, j’ai découvert un pays avec le regard extasié d’une touriste. J’ai laissé la curiosité m’envahir, ce beau défaut, pour ouvrir de nouvelles terres, découvrir des émotions, plonger à l’intérieur de moi-même. Et puis, je prouve mon indépendance par rapport au matériel. Pour utiliser nos capacités humaines, nous n’avons pas besoin d’une fortune. Me suffisaient mon ordinateur, ma voix, et ce flux continuel d’émotions : les balades sur la plage avec mon petit, la villa splendide, une vie en chanson... Surtout, Recreation suivait Supermoon (2007), à la tonalité triste, qui reflétait le décès d’une amie commune avec Vincent Cassel. Je voulais un disque aux couleurs du printemps, qui sacre la renaissance.  

 

Votre album respire la joie. Quel est votre secret ?// Je suis née avec ce cadeau, cette bonne humeur perpétuelle, qui fascine mon entourage, et tire son origine de mon hygiène de vie, du sport, de la méditation... Mais aussi de mon attachement au monde, de ce détachement, de ma connexion perpétuelle à la nature, à la beauté. Je peux passer des heures à me perdre dans des branches d’arbre, à regarder le ciel... Je n’ai pas perdu ma naïveté. Je plonge à pieds joints dans l’univers de mes enfants. Et leur enseigne, quand ça va mal, à ne pas se retrancher dans leur bulle, mais à ouvrir leur être. Cette communion permanente avec le monde constitue une source intarissable d’inspiration.

 

Dans quelles conditions êtes-vous partie à Rio ? En quoi la ville vous a-t-elle inspirée ?//Avec Vincent Cassel, on s’appelle souvent d’endroits improbables. Là, il était à Rio, et m’a proposé de le rejoindre. Dès que j’ai débarqué, j’ai adoré l’atmosphère, la musique, la danse, les fruits, la mer... Et puis, j’étais avec mon fils de six ans, et je voulais lui offrir le plus beau voyage de son enfance. J’avais emmené mes plus belles robes, de soie, de couleurs, et chaque jour je lui faisais choisir ma tenue, pour que sa maman resplendisse.

 

Vous chantez avec Vincent Cassel (Paroles, Paroles, Non Non Non) Il s’agit d’une très belle amitié entre vous ?// Je le connais depuis une éternité, avant qu’il ne soit marié. On squattait le milieu hip hop, il faisait du beat box, on arpentait ensemble les rues de Paris, on était très grands copains ! Je ne rentre pas dans le détail... C’est une grand histoire d’amour amicale qui dure, et je nous imagine encore rire, vieux. J’aime l’humour entre nous, la complicité, la justesse de notre connexion, c’est trop beau.

 

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Vincent Cassel, Bilal, G. Love, Meshell Ndegeocello, deux anciennes de Zap Mama... vous multipliez les collaborations !// Avec cet album, j’ai voulu sur chaque titre regrouper deux personnes dont les énergies additionnées en créent une troisième. Chanter avec Sylvie et Sabine, deux Zap Mama d’origine, c’était retrouver la magie de l’époque, trois voix desquelles en jaillissent plusieurs autres. Sinon, toutes ces rencontres se sont faites au naturel : téléphone, demandes d’ami sur Myspace. Comme tout ce que j’ai entrepris dans ma vie... Les choses m’arrivent, je ne cherche rien, je laisse venir, le destin me parle, m’envoie des signes clairs. Alors il n’y a ni contrainte, ni frustration, et je garde ma stabilité.


Sur quels fondements se basent vos compositions (paroles et musique) ?// Comme dans la peinture, l’une de mes autres passions, je commence une composition par un trait, un brouillon, un scratch, puis je dessine, j’appose des couleurs, et parfois je reviens à cette ligne de départ. Les paroles racontent des moments de vie, des bribes de quotidien qui me rendent heureuses. Des petits mots sans prétentions, qui créent un tableau, autour duquel les gens élaborent leurs propres images.

 

Vous avez toujours été une activiste, une militante... Votre combat en musique continue-t-il ?// Je ne peux pas passer à côté de mes origines africaines, de mon côté métissé, de ce qui se passe sur ce continent. Depuis l’adolescence, j’ai utilisé l’art pour mener ce combat. J’ai d’ailleurs filmé la vidéo d’Hello to Mama dans un village pauvre du Mali, et j’ai collaboré avec une ONG. A chaque fois qu’une personne télécharge l’album, une partie de l’argent est envoyé là-bas. Mais mon combat dépasse l’Afrique. L’art reste mon amour premier, j’en suis l’esclave absolue.

 

Anne-Laure Lemancel

 

Zap Mama ReCreation/Heads Up

 

 

 


Avec ReCreation, Marie Daulne aka Zap Mama livre un album abouti, nourri de bonnes énergies.
Dans Zap Mama, il y a « zappe », une façon de butiner allègrement d’un style à l’autre, d’une référence à l’autre. Tout un voyage, hétéroclite et haut en couleurs, qui prend source dans sa première chanson, ReCreation, quelques secondes zen, pour se poursuivre aux confins des territoires hip hop, salsa, trip hop, soul... La chanteuse Marie Daulne s’amuse, jongle avec les allusions, les collages, les tuilages, et nous rappelle étrangement le génie d’Erykah Badu, son ancienne acolyte... Une façon de gambader avec autant de légèreté que de gravité, car dans Zap Mama, il y a « Mama » : une mère nourricière qui unit cet éclectisme de son souffle, à la lueur de son chant diaphane, dont les mélodies surfent sur un groove solide. Dans les méandres de son art chaleureux, made in Brazil, se dévoilent les rivages de l’Amérique, ceux de l’Afrique, sur lesquels accostent avec bonheur ses invités – G.Love, Bilal, deux anciennes Zap Mama, Meshell Ndegeoshello, Tony Allen – pour inventer ensemble un nouveau continent. Et puis il y a cette intimité, cet humour partagé avec Vincent Cassel, perceptible dans l’improvisation totale et glamour Non non non, comme dans la reprise aquatique, swinguée, et brésilienne du tube popularisé par Dalida et Alain Delon, Paroles, paroles. Tout au long de cette œuvre aboutie, Marie Daulne suit le fil, tient la barre, et navigue sur des promesses, énoncées dans son premier titre : « Vibration artistique, j’en suis addict, pour faire vivre des instants magiques, psychédéliques, idylliques, musique au son cubique, mélodique, très chic ! »

ALL

 


Pour RFI Musique, le 3 mai 2010

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